(A.P.Hawzah) Au commencement de sa création, l’être humain est comme un réceptacle vide, mais prêt à recevoir, tout au long de sa vie, l’influence de diverses coutumes, pensées et valeurs, qu’elles soient vraies ou fausses ; les systèmes politiques, économiques et sociaux jouent également un rôle dans la formation de sa vision du monde et de sa personnalité. Cependant, Dieu a déposé dans la nature même de l’être humain une fitra divine et une inclination intérieure à connaître la vérité et à s’y conformer, afin qu’il puisse, parmi les diverses influences de son environnement, reconnaître le chemin de la vérité et y avancer. C’est ainsi que Dieu Tout-Puissant évoque cette réalité dans le Noble Coran, sourate Ar-Rûm (30), verset 30 :
فَأَقِمْ وَجْهَکَ لِلدِّینِ حَنِیفًا فِطْرَتَ اللَّهِ الَّتِی فَطَرَ النَّاسَ عَلَیْهَا لَا تَبْدِیلَ لِخَلْقِ اللَّهِ ذَٰلِکَ الدِّینُ الْقَیِّمُ وَلَٰکِنَّ أَکْثَرَ النَّاسِ لَا یَعْلَمُونَ.
Dirige tout ton être vers la religion exclusivement [pour Allah], telle est la nature qu’Allah a originellement donnée aux hommes ‒ pas de changement à la création d’Allah ‒. Voilà la religion de droiture ; mais la plupart des gens ne savent pas.
Parfois, l’insouciance et l’ignorance jettent sur l’existence de l’être humain une ombre si profonde qu’il en vient à oublier la réalité de sa propre fitra divine et, par ses choix et sa libre volonté, s’éloigne du chemin de la fitra et de la guidance divine. Ainsi, au lieu de prendre l’appel intérieur à la recherche de la vérité comme une lumière guidant ses pas, il choisit, sous l’influence de ses désirs charnels et des facteurs environnementaux, une voie différente de celle de son chemin et de sa fitra divins.
Ce qui donne toute son importance à cette question, c’est que l’oubli ou la modification de la trajectoire de la fitra divine entraîne une transformation des bienfaits divins.
Considérons cet exemple coranique :
Le peuple de Loth était un peuple qui fut châtié en raison de péchés majeurs, c'est-à-dire l’Homosexualité. Le prophète de ce peuple était le Prophète Loth (que la paix soit sur lui). Selon les sources historiques, le peuple de Loth, après avoir persisté sur ses « péchés majeurs », finit par subir le châtiment divin. Le Noble Coran présente dans la sourate Al-A‘râf (7), le verset 84, que le châtiment du peuple de Loth comme le renversement de la terre et la chute de pierres depuis le ciel.
وَأَمْطَرْنَا عَلَیْهِمْ مَطَرًا فَانْظُرْ کَیْفَ کَانَ عَاقِبَةُ الْمُجْرِمِینَ.
Et Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie. Regarde donc ce que fut la fin des criminels !
Il dit également dans la sourate Hûd (11), au verset 82 :
فَلَمَّا جَاءَ أَمْرُنَا جَعَلْنَا عَالِیَهَا سَافِلَهَا وَأَمْطَرْنَا عَلَیْهَا حِجَارَةً مِنْ سِجِّیلٍ مَنْضُودٍ.
Et, lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes [la cité] de fond en comble, et fîmes pleuvoir sur elle en masse, des pierres d’argile succédant les unes aux autres.
Ainsi, du point de vue des enseignements moraux et religieux de l’islam, l’un des péchés qui peut éloigner l’être humain de la fitra divine et créer les conditions d’une transformation des bienfaits divins est « l’homosexualité ».
Le péché et la désobéissance à la voie divine font perdre aux bienfaits leur forme souhaitable et transforment la « pluie de miséricorde » en « pierres de châtiment » ; une image qui invite l’être humain à méditer sur les conséquences spirituelles du péché, à revenir à la fitra divine et à demander le pardon et la miséricorde de Dieu.
C’est pourquoi la haute portée de la parole de l’Émir des croyants, l'Imam Ali (que la paix soit sur lui) dans la Du‘a de Kumayl, apparaît plus clairement encore :
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِیَ الذُّنُوبَ الَّتِی تُغَیِّرُ النِّعَمَ.
Ô Dieu ! Pardonne-moi les péchés qui changent les bienfaits.
Car le croyant doit toujours, afin de lever l’épreuve — c’est-à-dire de se libérer des effets et des conséquences du péché — et également de la prévenir — c’est-à-dire de se prémunir contre le fait de tomber dans le péché et de voir les bienfaits se transformer —, implorer le pardon et la miséricorde de Dieu Tout-Puissant avec supplication et humilité, et avancer sur le chemin de sa propre réforme.
Réponse à une question :
Si, selon les enseignements religieux, le péché de l’homosexualité implique un châtiment divin et une transformation des bienfaits divins, pourquoi les personnes homosexuelles dans les sociétés contemporaines, notamment dans les sociétés occidentales, ne subissent-elles pas de châtiment divin et jouissent-elles parfois même de certains bienfaits ?
Ce qui doit être pris en considération au début de la réponse à cette question, c’est que le châtiment annoncé n’est pas propre aux seuls enseignements de l’islam.
Dans l’Épître aux Romains (1:26-27), il est dit :
C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions déshonorantes. Même leurs femmes ont échangé les relations sexuelles naturelles contre celles qui sont contre nature. De même, les hommes ont abandonné les relations naturelles avec les femmes et se sont enflammés de désir les uns pour les autres ; les hommes ont commis des actes honteux avec des hommes et ont reçu en eux-mêmes la peine due à leur égarement.
La Bible parle d’un châtiment correspondant à l’égarement lié à l’homosexualité. En quoi consiste ce châtiment ?
Dans le Livre du Lévitique (18:22, 24-26), ce châtiment est évoqué de la manière suivante :
... Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination. ... Ne vous souillez par aucune de ces choses, car c’est par toutes ces choses que les nations que Je vais chasser devant vous se sont souillées. Le pays en a été souillé, et Je lui ferai porter la peine de sa faute ; et le pays vomira ses habitants. Vous observerez donc Mes prescriptions et Mes lois...
La vengeance et la colère de la terre, tel est le châtiment qui est le fruit du mépris de la fitra divine et de la nature humaine ; le même châtiment auquel le Noble Coran dans la sourate Hûd (11), le verset 82, fait également référence :
فَلَمَّا جَاءَ أَمْرُنَا جَعَلْنَا عَالِیَهَا سَافِلَهَا ...
Et, lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes [la cité] de fond en comble
Ainsi, le châtiment annoncé n’est pas propre aux seuls enseignements de l’islam.
Un autre point qui doit être pris en considération dans la réponse à la question posée est que le retard du châtiment divin, ainsi que le fait de jouir des bienfaits divins et de ne constater aucune transformation de ces bienfaits, ne constitue pas un signe de l’approbation de l’acte (= du péché).
Dieu Tout-Puissant dit, dans la sourate Al-An‘am (6), le verset 44, à propos de ceux qui ont oublié les commandements divins mais bénéficient, en apparence, des bienfaits de Dieu :
فَلَمَّا نَسُوا مَا ذُکِّرُوا بِهِ فَتَحْنَا عَلَیْهِمْ أَبْوَابَ کُلِّ شَیْءٍ حَتَّیٰ إِذَا فَرِحُوا بِمَا أُوتُوا أَخَذْنَاهُمْ بَغْتَةً فَإِذَا هُمْ مُبْلِسُونَ.
Puis, lorsqu’ils eurent oublié ce qu’on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes donnant sur toute chose (l’abondance) ; et lorsqu’ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés.
C’est pour cette raison qu'on a rapporté dans le Tafsîr Nûr al-Thaqalayn, t. 1, p. 718 du Messager de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille immaculée) dit :
إِذَا رَأَیْتَ اَللَّهَ یُعْطِی عَلَی اَلْمَعَاصِی فَإِنَّ ذَلِکَ اِسْتِدْرَاجٌ مِنْهُ
Lorsque tu vois que Dieu accorde les bienfaits malgré les actes de désobéissance, sache que cela est une istidrâj de Sa part, c’est-à-dire qu’Il les conduit progressivement vers leur perdition.
Ainsi, selon les enseignements religieux, la tradition divine de l’istidrâj fait partie des traditions et des lois divines. Cela signifie que si quelqu’un s’est éloigné du chemin de la fitra divine tout en continuant à bénéficier des bienfaits divins, il doit savoir qu’il se trouve sur le chemin de la perdition ; et, bien entendu, cette tranquillité et cette absence temporaire de châtiment ne constituent jamais un signe de la miséricorde divine envers le pécheur.
On a rapporé dans la Nahj al-Balâgha, sagesse 25 l’importance de cette question est telle que l’Émir des croyants, l’Imam Ali (que la paix soit sur lui) nous met en garde contre cette réalité en ces termes :
یَا ابْنَ آدَمَ، إِذَا رَأَیْتَ رَبَّکَ سُبْحَانَهُ یُتَابِعُ عَلَیْکَ نِعَمَهُ وَ أَنْتَ تَعْصِیهِ، فَاحْذَرْهُ.
Ô fils d’Adam ! Lorsque tu vois que ton Seigneur, exalté soit-Il, fait se succéder sur toi Ses bienfaits alors que tu Lui désobéis, prends garde à Lui — de peur que Son châtiment sévère ne soit en attente de toi.




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